Et si on laissait tomber les autres ?

C’est ignoble à dire, n’est-ce pas ?

Ce serait être qualifié d’extrémiste, raciste, vilain lepéniste etc.

Pourtant, soyons honnête, c’est ce que beaucoup pense pendant environs cinq minutes avant que le bon sens ne nous reprenne. Avant que des images comme celle de ci-dessus réveille notre humanisme profond et cette volontée de faire le bien.

Pourtant…

Quand on lis que machin s’est fait agressé dans un bus pour un regard, qu’un automobiliste au pif se fait trancher la gorge pour une guerre dans un autre pays, quand une bombe pète dans une foule en déchiquetant un gosse qui passait par là… 

Qu’on ait bien mérité les 3/4 de la haine qui est vouée à l’occident, ok. Le dernier quart reste de la connerie humaine, commune à tout les peuples, mais si en plus on leur offre une excuse pour nous taper dessus….

On manipule, on finance à tout va des coups d’état, on installe des usines pas cher à l’étranger (qui s’effondrent faute de moyen décent pour les fabriquer…hey, on est rapias où on l’est pas hein…), on trace des frontières à la règle par c’est fun et on s’étonne que les habitants déplacé ou chassé de force reviennent un jour en montrant les dents…ok, on mérite bien quelques baffe, on récolte ce qu’on sème. Ok. La logique se tient.

Mais je m’interroge.

Je me demande quand la dette cessera d’être payée (le ton sadique de la vieille pub d’orangina me revient en tête : Jamaaaaaais!). Quand l’Iran arrêtera d’en vouloir aux USA d’avoir ravagé leur pays juste pour une question d’or noir. Quand Israel et la Palestine arrêteront de se haïr chacun leur tour ?

Je veux dire, autant je peux comprendre (pas accepter) qu’un type devienne un pro-FN suite à une aggression dans le hall de son immeuble. Ok. Mais une haine qui se transmet de génération en génération ? Pour des actes vieux de 50 ans ? voir plus ?

Imaginons que l’Iran atomise les USA entier. Super. Et après ? les survivant n’auront d’autre objectif que de rendre la monnaie de sa pièce à tout les basanés du coin ? 

J’en reviens à ma question initiale : Et si on laisser tomber les autres?

Si on arrêtait d’investir des millions d’euro d’aide militaire pour des pays qui, à la fin, nous haïrons dés qu’un fin politicien intéressé (haha) appuyera sur le bouton “nationnalisme, réveille toi !” Ou de filer de la bouffe à des gens qui ce la feront soit piquer, soit tué pour être volé ?

Comprenez moi bien. J’ai du mal à supporter qu’on m’indique à la sortie de Carrouf qu’il faut faire double course pour les resto du coeur, pour nourir les pauvres, pendant qu’une partie de mes impots partent en aide humanitaire/militaire dans le trou du cul du monde, trou du cul qui d’ailleurs nous en voudra (à juste titre) de ne penser à lui que quand il est dans la merde (haha bis).

Et si avant de vouloir à tout prix donner des leçon d’humanisme à l’extérieur, on s’occupait un peu de nous ? des enfants sans papier, famille sans logis décent, chomeur longue durée ou courte durée mais qui rêverait de changer de carrière ? Clochard qui crévent de chaleur en été et de froid en hiver ?

Quand je vois qu’on dépense des milliard pour moderniser nos armées “au cas où”. Alors qu’on a justement besoin de milliard maintenant, tout de suite ?

Ca ne gène que moi ? Oui oui, je sais, pour l’image de la France on doit avoir des mecs en kaki, le famas à la main prêt à en découdre. Mais soyons sérieux, qui sont nos ennemis de demain ?  Les terroristes ? le renseignements seul peut les combattre, ou de la diplomatie pour parvenir à mieux. Les russes ? Les chinois ? Les coréens ? Soit on se fait atomiser, auquel cas j’ai du mal à voir ce que vingt casernes de militaire active ou zéro changera au résultat, soit on se fait envahir par des pays à la population X fois plus nombreux que nous. 

Soyons honnête, si “une bonne vieille guerre” se déclarait demain, armée contre armée, au même niveau technologique ( ce qui serait le cas si cela arrivait, je pense) je doute qu’on tienne au dela du premier round.

Donc voilà, ma question persiste. Et si on foutait la paix au reste du monde ? histoire de laisser un peu les cicatrices se refermer, laisser les peuples se prendre en main, s’écrouler puis se relever pour finalement expérimenter et tendre vers un meilleur “demain” ?

Non ? c’est bien ce que je pensais…

…monde de merde !

 

 

Et si on en revenait à l’être humain ?

Plus les news s’accumulent, plus on a l’impression que l’Histoire doit se répeter pour s’accomplir.

Crise sociale, crise morale, les plus pauvres (ou qui s’imaginent l’être) se rebellent, descendent dans la rue pour une cause ou une autre, choisissent un cheval de bataille parmi la très longue liste disponible ( retraite, mariage homo, nationalisme, sécurité, argent gaspillé, islam) et brandit un poing vengeur à la face du pouvoir en place.

Mais avant de se jeter à la gorge des uns et des autres, de s’auto proclamer décideur pour autrui de ce qui est moral, juste, correct etc… ne pourrait-on se rappeler que nous sommes des êtres humains ?

Les médias dans leur plus grande partie ne nous aident pas à nous rappeler cette chose pourtant simple, qui nous unis tous sous la même appellation première.

Dans les articles, nous sommes des musulmans, des extrémistes, des chrétiens, des homophobes, des capitalistes, des colonialistes… L’humanité n’est plus qu’un amalgame de traits de caractère. D’opinion politique.

Est-ci si nécessaire d’avoir un dada de haine ? Je veux dire, avant on se mettait sur la tronche pour une parcelle de terrain, une zone de chasse. Ok. Espace vital etc… Ok. Ensuite on a trouvé le moyen de se mettre sur la tronche pour des raisons religieuse. Deux humains dans la même pièce ? non. Nous avons un catho et un protestant. Un juif et un arabe. Un noir et un blanc… en gros deux boules de nerfs, qui faute d’espace à conquérir à décider de s’attaquer à autrui sous un autre prétexte.

Est-on vraiment obligé d’en arriver là ? Je veux dire, se mettre sur la tronche sous le pretexte qu’on a une différence qu’on cultive chacun dans notre coin ? Sexualité, religion, politique, mode de vie, couleur de peau, ethnie, famille… On pourrait croire que les aléa d’un Romeo & Juliette ne sont que fiction du passé, mais au final, nous n’avons pas changé d’un iota.

Ceci n’est qu’une pensée. Je vais l’abandonner de suite pour continuer à vomir sur mon prochain, c’est tellement plus drôle que juste lire les commentaires idiots des abonnés des grands quotidiens.

La honte, pour dans dix ans…

 

Ne rêvons pas, dans dix ans, ce blog et ces écrits ne seront sans doute même plus sur la toile. Dans le pire des cas, pour des raisons de censure, dans le meilleure des cas : parce que je serais passé à des choses plus interessante que de m’offrir des multi-facepalm en lisant les news du monde.

Demain, une énième manif pour tous va soi-disant déferler dans les rues de Paris, pour (encore) crier à l’indignation sur le mariage homo (oui oui, personne ne serait descendu dans la rue si on avait accordé le droit aux détraqué sexuel de se marier et d’avoir des gosses. Oh wait…mais les homo hein… oouh non…c’est plus dangereux hein…)

Mais ce qui me choque, ce n’est même plus les slogan débile, les arguments basé sur de la mauvaise foi ou les préjugés (ou un cocktail des deux).

Ce n’est pas le nombre de type un peu obtu, qui ne comprennent pas malgré X cours d’histoire au collège puis au lycée que l’histoire tente d’évoluer vers plus de tolérance… non.

Ce n’est pas les actes d’agression en marge de ces défilés, des récupérations politique du mouvement pour réussir à faire oublier les scandales, et les shismes d’idéaux au sein des mêmes partis…

Non.

Ce qui me gène ( et me terrifie en fait), c’est l’aveuglement des gens.

Dites, les gens qui défilent, quand à votre droite vous avez des frontistes, et à votre gauche des religieux en soutane qui mouillerait leur sous vêtement en coton made in china rien qu’à l’idée de voir une bible dans chaque école maternelle, vous vous dites pas que vous êtes pas à votre place ?

Que dans votre raisonnement qui vous semble juste (la famille, les enfants toussa toussa) y’a un truc qui vous a échappé pour que ce genre de type défile avec leur mains un peu moite collé à la votre ?

Réalisez vous que dans dix ans, vingt ans, quand on reverra des images d’archive de ces manifs, et qu’on verra à coté de qui vous avez si fiérement défilé, vous aurez sans doute honte ?

Oh, attendez, ne vous méprenez pas. J’ai aussi fait des manif. Il y a une sorte de puissance dû à la masse, au groupe, à l’ambiance. Un peu comme une salle de cinéma de 500 personnes qui rient ensemble à la même blague potache(qui tout seul devant le canapé à la redif TF1 ne nous fait même froisser un cil). Ca nous touche, nous emportes, nous fait nous sentir vivant, existant.

Mais cette sensation, cette euphorie de “participer à quelque chose de plus grand que soi” devient trop rapidement un argument pour fermer les yeux sur le type au crâne rasé qui serre le poing et souffle comme un buffle dés qu’il voit un type pas d’accord avec son avis.

Perso, si j’avais été contre le mariage pour tous (j’aurais pu, je suis sûrement un peu homophobe sur les bords. Ok, juste un peu.) dés l’instant où j’aurais vu que le FN était dans la rue avec moi, je serais remonté fissa à mon appart.

Question de principe. D’honneur. De comprendre que si on veut vraiment se battre pour que nos enfants vivent dans un pays où ils auront le choix de leur mode de vie (et je ne parle pas du type d’orifice qu’on aime pratiquer), on ne doit pas donner la main à ces types là. On les tolère. On accepte qu’ils existent, on accepte même qu’ils aimeraient bien tous nous mettre dans des sacs poubelle en morceau pour cause de désaccord culturel. Mais notre devoir civique c’est de ne pas les laisser passer. De leur rappeler chaque jour qu’ils sont et qu’ils doivent rester une minorité.

Hors, demain la manif qui se profile semble faire redescendre dans les rues les mêmes inconscient, qui vont marcher aux côtés de ces types, qui ne rateront pas l’occasion de vous rassembler pour mieux, dans les ténèbres, vous lier…

Je vous le dit, dans dix ans ou plus, vous vous regarderez avec un sentiment coupable de nostalgie, mêlé de honte. Tellement dommage que vous ne puissiez pas le voir aujourd’hui.