Et si l’éducation changeait ?

College

L’avantage de ne pas avoir d’abonnés ou de “suiveur” de ce blog, c’est que je peux me laisser aller sans m’interroger du “quand dira t-on”… Non pas que l’avis d’autrui me gênerai, après tout je suis un anonyme sur la toile… mais quand même…

Après la lecture très instructive de l’article du Monde sur le rapport PISA (me demandez pas les initiales, je n’en sais rien) et sur le témoignage de prof qui désespèrent de leurs élèves et du fossés entre bon et mauvais, je m’interrogeais sur le moyen de remédier à cela.

Pris d’une imagination bisounoursesque (car de telles idées seraient sûrement piétinées sur la place publique ou produiraient cohorte de manif…) je me suis pris à rêver d’une réforme de folie.

J’ai déjà lu que c’est la faute des profs, qu’ils devraient faire ceci ou cela… sachant que pour beaucoup de cas seule la sanction pourrait éventuellement avoir un effet, malgré que cela sanctionne aussi le prof ( heure de colle, rapport, renvoi, conseil de discipline… prennent de son temps et n’est pas payé en heure sup non.) et la classe (chaque “incident” provoque interruption du cours, blague, bavardage, qui sont autant d’invitation à la récidive par un compère en manque de gloriole…).

Bref, l’idée, en vrac (collège) avec un exemple :

– Toto est dans une classe de 4eme, ce matin il a math, il a eu la flemme d’apprendre son Pythagore. En fait, il n’a pas vraiment compris, et s’en moque un peu, son guerrier niveau 89 à World of Warcraft lui a occupé l’intégralité de son attention la veille.

Il pose ses fesses en classe, suit plus ou moins le cours, mais n’ayant toujours pas compris les règles, et que le prof fait des exercices qui appliquent lesdites règles, Toto ne se sent pas concerné et se met à griffonner sur son cahier une esquisse de son guerrier virtuel.

Soudain, une feuille avec un exercice simple est glissée sous son nez par un camarade hilare qui reconnait le dessin et aussi ce qu’il signifie. Contrôle rapide type QCM (pour éviter au prof de passer 5 min par copie à essayer de déchiffrer l’écriture des pas soigneux, ou de lui éviter l’envie d’être gentil en cherchant 5 autres minutes des points à lui offrir pour l’encourager s’il a fait un effort). Toto aime bien les QCM, c’est rapide et simple, même s’il regrette que pour les “gros” contrôle, les profs ne fassent pas la même chose. Non. Les QCM ce n’est que pour contrôler la progression et l’apprentissage d’une leçon récente. Bientôt, au collège de Toto, on parle de faire les QCM directement sur tablette tactile…

Mais le QCM d’aujourd’hui fait grimacer Toto : il n’avait rien compris, n’a rien demandé pour éviter que tout les regards se tournent vers lui et donc ne sait pas quoi répondre aux quatre exo simple qui testent sa connaissance de la dernière leçon. Au pif, il a bon sur une question, et échoue aux trois autres, prouvant que la première était -justement- du pifomètre.

Le prof corrige rapidement avec la classe et ramasse. Il fait deux tas. Ceux qui auront cours cet après-midi, et ceux qui seront libre de ne pas assister à la deuxième heure de math prévue l’apres-midi. Cette heures supplémentaire est uniquement obligatoire pour les plus mauvais (comme Toto), ou les plus cancre, comme Marcel qui regarde Toto avec un stylo enfoncé dans chaque narine, mimant un troll.

Le prof donne la liste des “libérés”, Toto n’y est évidemment pas. Toto jette un regard désespéré vers le plafond constellé de boulette de papier collées, il aurait aimé rentrer chez lui pour finir de monter son guerrier niveau 90. Mais il a encore un espoir de ne pas finir à 18h, s’il arrive à ne pas échouer en anglais et en Histoire. Il finira peut-être à 17, avec une heure de perm’ de 15 à 16… ou une heure d’activité si le club échec a de a place.

Fin de l’histoire, début du blabla…

Mes (plusieurs) raisons :

De un, les classes sont surchargés, et je pense ne pas dire d’ânerie en partant de la supposition que plus une classe est légère, plus il est facile pour le prof de faire du cas par cas. Ce qui, à mes yeux, et le nerfs de la guerre d’une bonne éducation. (Oui, il n’y a pas – à mon sens – de méthode globale pour les parents d’éduquer leurs gamins, chacun étant différent, par contre pour le gouvernement, on dirait que si, ils vont tous bien apprendre et devenir intelligent grâce à la même façon d’instruire…. quelle bonne blague ça aussi… bref… je m’égare…)

Les ‘bons’ ou ceux qui font des efforts, ou les gamins en général ont besoin de récompense immédiate à leurs effort. Pour couper court à l’éternel “pour quoi faire ?”. Passer 30 min à leur expliquer que les résultats de leur bulletin va les aider dans 5-6 ans à faire un choix de lycée ou à ne pas se retrouver perdu devant l’épreuve du brevet ou plus tard du BAC faute de posséder les prérequis, c’est perdre du temps. Ils vont le comprendre dans l’instant (et encore, pas tous), avant de l’oublier dés qu’une envie plus immédiate va se faire sentir. Même apprendre une leçon tout les jours en vue de ne pas avoir 4 pages à ingurgité le jour J dans une semaine est un concept presque impossible à faire avaler à la majorité des gamins, sauf certain, mais ceux là n’ont pas besoin de cet article…

Il faut une récompense immédiate et régulière, tout comme un résultat négatif qui se traduit immédiatement en conséquence facile à appréhender. Et qui permettrait aux moins bons de se retrouver dans un cadre plus léger (moins nombreux, donc plus controllable faute de public) où il sera possible au prof de réaborder des “bases”, sans perdre ses bons élèves qui risqueraient de se sentir mis de côté, contraint de réentendre pour la huitième fois le prof expliquer Pythagore.

La récompense et la libération anticipée des cours. C’est ma petite solution rêvée.

Pas d’illusion, j’utilise le terme “libération anticipée”, très carcéral pour une raison  : les élèves considèrent tous l’école comme une prison, surtout à l’adolescence. Ils n’y sont pas pour les cours, ils y sont pour retrouver leurs potes, ou parce que sinon Papa/Maman va les massacrer… Règles strictes, barreaux, grillages, surveillants, promenades dans la cours. Oui, l’école est une prison du point de vue des gosses. Donc en être libéré, c’est une récompense.

Pour les familles qui bossent et ne peuvent/veulent avoir le petit filer dans la rue à n’importe quelle heure, c’est le moment peut-être de promouvoir d’autre choix d’activités plus agréable qu’un second cours de Math : renforcer une matière pour tirer vers le haut ceux qui s’imaginent être déjà trop bon (et satisfaire une éventuelle demande élitiste, comme l’anglais euro), ou les fameux clubs, partie la plus vivante et intéressante dont le bénéfice moral et social est à mon sens malheureusement sous évalué. Un choix de sport, échec, audiovisuel, séance de films ( en rapport avec une matière ou un thème), informatique, les options ne sont limité que par le budget et le nombre d’emploi que l’on souhaite créer….(ok et surtout le budget…)

L’idée reste celle-ci : On a eu de cesse de vouloir effacer les stigmatisations des “médiocres” en s’imaginant que si on malaxe cette masse d’élèves de la même façon, on obtiendra un ensemble homogène. Or, il n’en est rien. La stigmatisation fait partie du quotidien des gamins. Le concours du meilleur qui existait avant a été enlevé, mais Toto et ses copains ont viscéralement besoin de jouer à “qui à la plus grosse”, pour se faire valoir, se mettre en avant. S’ils ne peuvent plus le faire via l’administration de récompense par les adultes, ils le font d’eux même :  le plus collé, le plus renvoyé, celui qui aura réussi à faire craquer le plus de prof, à déranger le cours de la manière la plus osée, jusqu’à arriver au summum de l’idiotie : celui qui arrivera à être le plus mauvais, statut transformé pour l’occasion dans le regard des autres comme le copain le plus “remarquable” ou “mémorable”.

Tout les profs le diront, en plus petit nombre, les classes sont plus malléable, plus calme, et plus facile à diriger. Mais au lieu de vouloir avoir un extrême (que des classe peu nombreuses ou que des très nombreuses faute de place), je pense possible d’avoir un juste milieu. Ou au moins d’avoir quelque chose d’adaptable selon le profil des classes.

Pour les profs, il est aussi nécessaire que l’élaboration de tel ‘test’ en cours de leçon puisse se faire de la manière la plus rapide et efficace que ce soit. Pas question d’avoir 300 copies à corriger tout les deux jours. Pour ma part je préfère que le prof se concentre sur la création du contenu de son cours, plutôt que le griffonnage abrutissant de notes.

D’où l’idée du QCM (l’idéal resterait un support électronique et une correction instantanée type épreuve du code de la route : le prof reçoit le résultat instantanément sur sa machine) pour cette partie. Les gros contrôle de fin de chapitre restant par contre du bon vieux papier/stylo pour tester l’amplitude du raisonnement.

Il serait aussi nécessaire qu’une appartenance régulière à un cours de l’après-midi ne soit pas indiqué sur le dossier scolaire, de manière à éviter toute dérive du type “ah ce gamin là était toujours mauvais et donc terminait toujours à 18h”. Ce n’est pas la façon de progresser qui doit être notée, mais la progression elle-même.

Bref, voilà, c’est mon rêve… ça et ne plus obliger les profs à appliquer une méthode globale… que les profs puissent avoir la possibilité de soumettre un programme à son établissement qui le valide, voir le transmet à l’EN pour que les meilleurs puissent être étudié, gardant en tête que ce qui marche dans une classe dans le Morbihan sera complètement idiot en région Parisienne, et vice versa… Et maintenant, je vais me réveiller, et continuer à lire les plaintes des enseignants, les plaintes des non-enseignants sur les enseignants, et les plaintes des deux sur le gouvernement qui comme tout les autre continue à… ne rien changer.

Monde de …

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