Amener la paix, à coup de blasphème ! Oui !

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Comme d’autres, le 9/01 j’ai été choqué.

Le 9 au soir, comme d’autre, j’ai participé a un rassemblement pour signifier un syndrome du « je peux pas juste rester sur mon cul ».

Le 11, comme d’autres, j’ai marché à Paris. Pour signifier pêle-mêle que j’étais pour la liberté d’expression, que cette action était — cherchons un mot comme un autre — conne, en raison de l’effet inverse provoqué par cette sordide tentative d’imposer un « ferme là, t’as pas le droit de dire ça » ou encore simplement pour montrer que non, on avait pas peur. Et que le nombre de têtes qui se sont pointées partout en France slash Monde, ont montrés qu’une « petite » unanimité des gens ne sont pas d’accord avec la vue des islamistes/intégristes/extrémistes/djihadistes de tout poil.

Puis, comme d’autres, je suis rentré chez moi. Triste, mais convaincu que c’était la seule chose à faire à mon niveau.

Puis ces jours-ci je découvre qu’un prof a forcé ses élèves musulmans à regarder des caricatures de Mahomet.

Puis que des manifs anti-Charlie avaient eu lieu un peu partout (mais avec des nombres assez restreints de participants en comparaison) comme en Turquie, qui ont dégénérées, réprimées par les forces de l’ordre.

Que des utilisateurs Facebook ou autre qui ont osé dire qu’ils « n’étaient pas Charlie » pour x ou y raisons, se sont fait insulter ou menacé…

Que des agents du service public ont refusé de respecter la minute de silence vont se voir radiées.

Dans mes dernières phrases, il y a des mots comme “forcer”, “réprimé”, “menacé”… Comment peut-on passer d’une marche unanime contre le bâillon de l’ignorance et de l’intolérance, à ça ?

Ne pas être capable de suffisamment de discernement pour savoir quand laisser la liberté du choix, le droit de s’exprimer, ou de protester ? Sérieusement, après le sacrifice par le sang encore frais dans Paris ?

Je pourrais arrêter cet article et dire directement « monde de merde ». Y’a matière pourtant, à s’arrêter là et laisser les gens se faire leur idée sur les bêtises de certains sur leur manière de défendre la liberté.

Mais dans toute cette diarrhée médiatique, j’ai trouvé qu’une chose de bien s’est produite. Un truc pas banal qui aurait mérité a être signalé, ou au moins, souligné.

C’est que les mecs qui scandent « je suis Mohamed » « je suis musulman, respecte-moi », ont décidés de prendre la parole.

De s’exprimer. De se rassembler pour dire ce qu’ils pensent.

Est-ce que quelqu’un a pensé à leur dire, à souligner l’ironie de la chose ?

Qu’ils utilisent la liberté d’expression pour balancer toute leur haine de la France ou de Charlie Hebdo ? Est-ce qu’ils sont capables de réaliser que si on obéissait béatement à leur principe de base du « respecte ceci parce que c’est sacré pour moi », ils offriraient aux USA le droit de les atomiser pour cause de « vous avez brûlé le drapeau américain » alors qu’on SAIT à quel point c’est sacré chez eux ce machin ?

Pourquoi le brûle-t-il d’ailleurs ? Si ce n’est pour exprimer quelque chose tout en tapant dans quelque chose de sensible. Pourquoi d’ailleurs ? Parce que c’est important pour le public qu’on vise, pardi… n’importe quel type dans une rue au Moyen-Orient pourrait vous le dire…

Donc, cramer un drapeau sacré pour un peuple, c’est OK. Caricaturer un personnage sacré pour un peuple, ah non, m’sieur. Moi je peux, pas vous. Mahomet, c’est bien plus sacré vous comprenez !

Ah ?

Sur quelle base quelque chose est sacré pour quelqu’un d’autre que la personne concernée ?

Une vache est sacrée ici, et là c’est un superbe Big Mac.

C’est là, messieurs dames, qu’entre en jeu un principe de tolérance. À savoir qu’on est pas obligé de juger soi-même quelque chose de sacré pour le respecter.

Dans un meilleur monde, cela donnerait des gens qui ne brûlent pas de drapeaux ricains, et pas de caricaturistes qui parodient Mahomet. Mais on a le monde qu’on mérite. Les fanatiques et adorateurs de Mahomet jusqu’à ses rognures d’ongles ne comprennent pas/ne veulent pas comprendre qu’ils créent par leurs intolérances/discours/actions des Charbs et des Wolinski tous les jours.

Pour en revenir à cette histoire de blasphème, je peux comprendre leur colère. Mais, sérieusement, ils sont conscients qu’ils demandent à un autre pays de respecter quelque chose de sacré chez eux (pays, ou sphère privée, peu importe), alors que si on leur demandait de respecter chez eux quelques choses comme — au pif — le droit de choisir sa religion, ils rigoleraient grassement… Pourtant ça les choque pas de parler de blasphème ou d’irrespect du prophète, alors qu’ils doivent être conscient quelques part qu’ils exigent une forme de respect bien précise, uniquement pour leurs beaux yeux, alors que cette même forme de respect qu’on va leur demander pour d’autre sujet, ils vont nous rétorquer « ah non mon ami, ça je peux pas. C’est ta culture, pas la mienne… »

Argh.

Alors, j’en viens au titre de cet article. La paix grâce au blasphème.

Personnellement, malgré toute cette histoire de liberté d’expression, je serais prêt à faire une concession. À savoir interdire la représentation du prophète dans les médias. À condition que les islamistes, prenant brutalement conscience de cette ouverture chez les occidentaux, de ce trou béant dans la culture de la satyre pourtant bien ancrée en France comme l’ont prouvée les manifs, que nos islamistes acceptent toutes les formes (même d’opposition) de satyre ou d’humour dans les territoires sous leur contrôle (toujours avec l’interdiction de représenter le prophète, un deal est un deal.)

Voilà. S’ils acceptent cela, je serais prêt à sacrifier un peu de mon droit de me moquer, si cela donne le droit à des millions de personnes de le faire chez eux. Sans risque de voir un type en kalachnikov débarquer pour vous expliquer sont point de vue sans ouvrir la bouche.

Ouaip. Carrément.

Mais je rêve pas. Déjà, ils ne me liront jamais (je ne suis pas assez célèbre, et vu que ça ne m’intéresse pas de l’être, aucun calife auto proclamé ne me lira jamais). Ensuite, alors que tout le monde aime rire (même les islamistes), ce serait « tolérer » quelque chose, ouvrir le flanc à la critique, et pousser certain à poser des questions, même sous couvert de rire. Or, les islamistes ont besoin d’ennemis pour vivre. Pas d’amis, ou de pote de rigolade. Ils ont besoin d’être constamment menacés pour exister, enrôler plus de chair à canon sous leurs bannières. Il faut que le combat continue pour eux, car tant que les guerriers se battent et préparent des plans de guérillas face au Goliath que représente « l’empire occidental », ils n’ont pas le temps de penser au futur. À ce qu’ils veulent vraiment pour leur descendant, leur famille, leur peuple.

Pour terminer, un dernier mot sur d’autres choses que j’ai entendues par-ci, par-là.

Je ne suis pas spécialement choqué de lire ou d’entendre des gens dire « ils l’ont bien cherché » en parlant des assassinés de Charlie Hebdo. Car le niveau d’inconscience, d’aveuglement est tel dans cette idée du « ils se sont moqués alors qu’ils avaient pas le droit », alors que si, désolé mes amis, ils en avaient le droit… Car sinon, moi qui suis fan de mon Petit Poney, Les amis c’est Magique !(c) je vais débarquer chez toi et te forcer à les regarder en boucle pendant 6 mois ! Pourquoi ? Parce que j’estime que tu n’avais pas le droit d’en rater un !

Oui, les Petit Poney c’est sacré et on rigole pas avec ça.

Monde de merde…

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