Tiens, on se mélange les pinceaux…

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Un fascinant article du Monde sur une tentative de percée du siège Damas/Iran/Russie par les rebelles anti-Bachar/US/EURO…

Mais plus fascinant encore, les commentaires de l’article. Car dans cet article, on y voit décrit comme le camps en position désespérée, lancé dans une opération de dernière chance avec les moyens du bords contre une machine de guerre bien huilé et bien équipée (Russie/Damas, ils ont des moyens et des troupes entraînées…on imagine bien les “rebelles” comme étant le boulanger du coin devenu soldat de fortune…)

Sauf que dans les commentaires, certain semblent réaliser abruptement que les fameux rebelles sont constitués de… groupe islamiste, ancien affilié à Al-Quaida ou adepte du dommage collatéral lors de précédent assaut. Et potentiel terroriste une fois que leur attention ne sera plus concentrée sur Bachar…

Alors forcément, on s’étonne, on se surprend à se dire : ” ben, en fait, ce serait peut-être mieux que les Russes écrasent ces “rebelles slash futur terroriste”, alors que depuis des mois on nous présente l’intervention Russe comme quelques chose de négatif, au mieux opportuniste et pas plus regardant quant aux dommages collatéraux que ses bombardements provoquent.

Ce qui se fissure sous mes yeux tristement amusé, ce n’est pas l’apparente moralité du camps dont on souhaite la victoire. C’est cette impression depuis le début du conflit, que les occidentaux (moi compris donc ), nous avons tenté à tout prix de voir des gentils et des méchants. Alors que tout ce qui touche le Moyen Orient est tout, sauf binaire. C’est au mieux un mille feuille compliqué, ou se mêle religion, politique, et influence étrangère pour du conflit geo-politique… le tout soutenu par le besoin lambda des populations locales que tout être humain digne de raison partagerait : l’envie de survivre pour voir de meilleurs lendemain. Et si cela signifie prendre les armes aux côtés d’un barbu sanguinaire, oui, notre boulanger Syrien n’y regardera pas à deux fois…

Il n’y a jamais eu dans ce conflit de “gentil” et de “méchant”. Tout au plus les premiers jours de la contestation à Damas étaient des réactions qu’on pourrait qualifié de “pures”. Une envie de changement, de bouleversement. Mais dans cette petite plaie causée dans le flanc du régime, un milliers de microbes sont venu se greffer. Les ambitions des uns, les tentations des autres, entraînant à leurs suite alliés et partenaire commerciaux… Car l’argent n’est jamais loin derrière…(coucou les Russes “j’ai des besoin commerciaux et geopolitique avec Damas que je ne veux pas voir aux mains des USA ou des Euro…”).

Bref je me fends la poire en imaginant la mine déconfite des commentaires réalisant “oh mon dieu, nos gentils rebelles sont en fait d’odieux terroriste !!!”, et ensuite je me fais un “facepalm” en imaginant leur réactions prévisible au possible :

“A mort ces vilains moches ! A défaut de gentils et de méchants, j’ai un méchant et un méchant pire ! donc à mort le méchant encore plus méchant que le méchant d’origine !”

En oubliant qu’à la base, les “méchants” sont des civils qui n’avaient sans doute le choix qu’entre se prendre des bombes sur la tronche sans rien dire, ou prendre des cailloux pour se faire tirer comme un pigeon, ou prendre des mitrailleuses fournie par des barbus, eux même fourni par… nous.

En bref, ce bordel est compliqué, mais on s’escrime à vouloir donner notre idée du meilleur choix à appliquer, mais seulement après avoir simplifié l’équation en mode binaire blanc/noir. Et on s’étonne que nos solutions ne font que provoquer plus de bordel après coup… Et oui, le Moyen Orient me fait de plus en plus penser à un gigantesque bac à sable où l’on joue aux GI-Joe… en espérant qu’aucun de nos soldats de plastique ne viennent s’égarer jusque dans nos rues, car sa place est là bas. Dans notre poste de télé au jt de 20h.

Monde de merde….

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